En couple, bien s'organiser ne suffit pas à rester proches

Parents d'un enfant malade : bien s'organiser ne suffit pas à rester proches. Découvrez pourquoi la douceur compte pour votre couple, même en petites doses.

En couple, bien s'organiser ne suffit pas à rester proches

J'aurais aimé savoir qu'on peut être une excellente équipe et perdre un peu le contact avec l'autre. Quand la santé de votre enfant demande beaucoup, il arrive que le couple devienne une machine bien huilée : les rendez-vous, la logistique, les décisions, qui fait quoi et quand. Et cela fonctionne. Mais ce qui ne s'organise pas se met en veilleuse : la complicité, l'affection, un moment léger qui n'a rien à voir avec la maladie.

Je ne parle pas de soirées romantiques ni d'extase. Je parle de douceur : un regard, un câlin, quelques minutes sans qu'il soit question de l'enfant. Tout comme votre enfant a besoin de douceur et de présence, votre couple a besoin de la même chose, et s'en priver ne fait pas gagner de temps ni d'énergie. Cela peut plutôt finir par aggraver la fatigue et la distance.

Quand tout devient une question d'organisation

Le mode pragmatique n'est pas un échec : c'est une façon efficace de traverser une période exigeante, et il montre à quel point vous tenez à votre enfant. Le danger, c'est qu'il s'installe sans qu'on s'en aperçoive. Chacun fait ce qu'il peut, au meilleur de sa disponibilité, et c'est justement ce qui rend le glissement difficile à voir : il n'y a ni dispute ni reproche, seulement un rapprochement qui n'a plus sa place dans l'horaire. Un couple peut devenir une équipe de feu pour l'organisation : tout roule, les tâches sont réparties, les décisions se prennent. Et pourtant, l'intimité peut s'effacer et le temps de qualité devenir rarissime, sans que personne l'ait choisi. Rien d'étonnant à cela : quand toute l'énergie passe dans ce qui doit être fait, il n'en reste presque plus pour ce qui nourrit le lien.

Ce que j'ai vécu

Notre fils a été hospitalisé à plusieurs reprises. La première fois, nous avons passé dix jours en néonatalogie en pleine pandémie, très isolés de nos autres enfants et de notre famille. J'étais jour et nuit auprès de mon bébé; mon conjoint, alors en congé de paternité, venait nous rejoindre durant la journée et en soirée, et nous parlions à nos autres enfants par vidéo. Lors des séjours suivants, plus longs, nous nous relayions entre l'hôpital, le travail, la maison et les commissions. Pendant l'un de ces séjours, nous n'avons eu qu'une seule soirée libre, à peine deux heures, parce que la famille avait gardé notre fils. J'ai frôlé l'épuisement à chaque fois. Nous étions très axés sur le pragmatique, sans réelle occasion de nous rapprocher, et malgré cela, nous avons fait une bonne équipe. Mais le retour à la maison n'a pas été magiquement plus facile : la fatigue était bien présente, et le mode pragmatique ne s'éteint pas tout seul.

La douceur n'est pas un luxe

Le contact physique chaleureux entre partenaires, comme une étreinte, peut contribuer à apaiser le système nerveux. Des recherches suggèrent que ces gestes peuvent aider le corps à mieux gérer le stress, même si les effets varient d'une personne à l'autre. Tout comme un bébé s'apaise au contact de ses parents, on peut penser que les adultes aussi ont besoin de contacts doux. L'intimité, sous toutes ses formes, est donc plus qu'un bonus quand la vie est exigeante : elle peut contribuer à la solidité du couple et à la capacité de tenir sur la durée.

Un moment doux, pas une performance

Rien ne dit qu'il faut une grande soirée ni une conversation profonde. Un moment doux peut être très simple, et il n'enlève rien à votre enfant. L'idée n'est pas d'ajouter une tâche à la liste, mais de reconnaître que vous aussi, ensemble, avez besoin d'être pris en soin. Et si la distance s'installe et que vous avez du mal à la combler seuls, une thérapie de couple peut être un bon soutien : demander de l'aide fait partie de prendre soin de votre famille.

Une question à vous poser

Prenez un moment pour vous demander : quel serait, cette semaine, un petit moment doux rien que pour nous deux? Pas besoin de le planifier en détail ni de lui donner une grande ampleur. Il suffit de le reconnaître comme un besoin légitime, au même titre que le reste.

Et ensuite?

Reconnaître ce besoin est un premier pas. Mais comment retrouver de la douceur quand l'énergie manque? Comment se rapprocher sans que cela devienne une tâche de plus? Comment le faire à deux, sans pression?

Le Passage à deux : Quand un enfant est malade vous accompagne pour que votre couple ne passe pas toujours en dernier. Les modules sont indépendants et se suivent à votre rythme, ensemble ou chacun de votre côté. Chacun comprend un contenu pour comprendre ce qui se joue, une activité pour le vivre, un retour guidé pour faire des liens avec votre dynamique, puis un petit exercice à faire à deux pendant la semaine, de façon à ce que ce que vous apprenez trouve sa place dans votre quotidien.

Découvrir le parcours

Pour revenir au début de la série : En couple, face à l'incertitude, on ne réagit pas pareil

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